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Dimanche 18 janvier 2009
Par noh ag med issa - Publié dans : actualités dans le reste du Monde
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Jeudi 28 février 2008

mercredi 27 février 2008, mis à jour à 19:39

Otages

Les Farc libèrent quatre députés colombiens

LEXPRESS.fr

Une délégation vénézuélienne est venue chercher la femme et les trois hommes, enlevés il y a plus de six ans par les Farc. L'accord a été conclu sous l'égide du président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge.

 


es Forces armées révolutionnaires de Colombie ont libéré quatre députés colombiens qu'ils retenaient en otages depuis des années, dans le cadre d'un accord conclu sous l'égide du président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge.

Une délégation vénézuélienne est venue chercher la femme et les trois hommes enlevés il y a plus de six ans par les Farc et que l'on dit en mauvaise santé.

"Ces quatre personnes sont libres, elles sont entre nos mains et elles sont en état de voyager", a déclaré Barbara Hintermann, représentante du CICR en Colombie.

Les rebelles ont relâché Gloria Polanco, Luis Eladio Perez, Orlando Beltran et Jorge Gechem, que l'on dit atteint de graves problèmes cardiaques.

"Nos médecins suivent ces personnes sur le plan médical pendant le voyage", a assuré Jesse Chacon, porte-parole du gouvernement vénézuélien.

Leur libération constitue un nouveau succès pour Chavez, qui a irrité le président colombien Alvaro Uribe et Washington en demandant une reconnaissance politique des Farc, alors que les Etats-Unis et l'Union européenne les qualifient d'organisation terroriste pratiquant le trafic de cocaïne.

Elle avive en outre l'espoir d'un accord sur la mise en liberté d'autres otages, tels que la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, dont le calvaire a attiré l'attention internationale sur le sort des otages détenus depuis des années par les Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Les récentes libérations ont été unilatérales et ont été présentées par les combattants comme un geste de bonne volonté envers Chavez, qui espère parvenir à un accord plus large, ce que des analystes jugent peu probable.

Gechem a été enlevé il y a six ans lors du détournement par les Farc de l'avion de ligne dans lequel il voyageait et qui a été contraint de se poser sur une piste d'atterrissage secrète.

Polanco a été enlevée avec ses deux fils qui ont par la suite été relâchés. Son mari, un homme politique connu, a par la suite été tué par les Farc dans des circonstances non élucidées.

Une quarantaine de personnalités politiques et de soldats figurent parmi les centaines d'otages que les Farc détiennent soit dans l'espoir d'en tirer une rançon, soit à des fins politiques.

Version française Natacha Crnjanski et Nicole Dupont

Par noh ag med issa - Publié dans : actualités dans le reste du Monde
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Samedi 12 janvier 2008
Enivré jusqu’à la nausée par un pétrole qui coule à flots, le pouvoir algérien n’a jamais vu la poule aux œufs d’or qui gît à ses pieds. Au fin fond du Sahara à 2 000 km d’Alger, Tamanrasset, un lieu de pèlerinage mythique, que des millions de chrétiens dans le monde rêvent de visiter pour y sentir la présence divine selon l’expression biblique: «Vas dans le désert et je parlerai à ton coeur».

Alors que les pèlerins se comptent par millions en d’autres lieux, Tamanrasset peine à en recevoir quelques milliers « escortés par la gendarmerie » en raison de l’insécurité chronique et la mauvaise image de l’Algérie, destination crainte par les tours-opérateurs.

 

Cette ville, devenue la capitale du Hoggar a été créée par « l’ermite du Sahara », Charles de Foucauld, devenu le Bienheureux depuis sa béatification au Vatican le 13 novembre 2005. Après avoir construit le monastère de Beni-Abbès en 1901, il est arrivé dans le Hoggar en conquérant pour « évangéliser les pauvres nègres du Sahara ». Sa rencontre avec l’Amenokal Moussa Ag Amastane le dérouta lorsqu’il découvrit la culture islamique des touaregs. Il se lia d’amitié avec eux, et s’installa au bord de l’oued Tamanrasset en 1905. Il y construisit une chapelle, surnommée la Frégate, première maison en pierre recouverte de terre séchée. En 1910, le « marabout », comme le nomment les Touaregs, construisit l’ermitage de l’Assekrem, à 2 800 m d’altitude. En 1915, Foucauld construisit de l’autre côté de l’oued le Bordj, un fortin pour protéger la centaine de touaregs qui vivaient dans des zeribas à Tamanrasset. C’est à l’entrée de ce Bordj qu’il mourut assassiné le 1er décembre 1916 lors d’une razzia. Pendant ces dix années, il rédigea un dictionnaire touareg-français de plus de 2 000 pages, des recueils de poésies touaregs de plus de 6 000 vers, des travaux ethnologiques, de nombreux écrits religieux, notamment ses Méditations sur les Saints Evangiles, sans oublier ses multiples échanges épistolaires militaires, religieux, philosophiques, etc. C’est cette fantastique et prolifique inspiration spirituelle et intellectuelle, alors qu’il est démuni de tout dans ce désert, qui fascine les pèlerins. Foucauld a marqué le XXe siècle par son parcours prophétique qui le mena de Strasbourg à Tamanrasset, en passant par Nazareth, la Syrie et le Maroc. En reconnaissant la sainteté du Vénérable Charles de Foucauld, le Vatican reconnaît son chemin spirituel comme un modèle de vie, un exemple à suivre et à méditer... et donne encore plus de valeur à Tamanrasset comme lieu de pèlerinage « officialisé » par l’Eglise catholique.

 

Foucauld glorifia le désert comme lieu de spiritualité : « Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu ». Le pèlerinage spirituel dans le désert est devenu un antidote aux méfaits de la société de consommation, au manque de sens apparent de la vie quotidienne. C’est un voyage vers l’être intérieur. Cette vogue monastique prend de plus en plus d’importance dans le développement de certaines destinations touristiques.

 

Foucauld est à l’origine d’une famille spirituelle éparpillée dans le monde, l’Union des Frères et Soeurs du Sacré-cœur (www.charlesdefoucauld.org). C’est grâce au bénévolat de ses membres vieillissants que les trois lieux de culte et de pèlerinage de Tamanrasset sont préservés au prix d’énormes sacrifices face à une agression foncière anarchique.

 

Aucun des trois édifices légués par Foucauld, faisant partie de l’Histoire universelle et du patrimoine algérien, n’a été classé monument historique. Alors que les bâtiments administratifs sont hautement protégés et sécurisés, l’indifférence des autorités a permis à un voisinage inculte et sans scrupules de grignoter des espaces et construire autour de la chapelle de Gaât el Oued au point de l’étouffer, malgré les nombreuses protestations des Frères restées sans suite. Le mauvais exemple est donné par la résidence du wali qui à force de s’étendre a pratiquement annexé le Bordj et fait disparaître sous un garage l’emplacement où se trouvait le tombeau du père Foucauld. Un des deux arbres centenaires du Bordj vient d’être rasé parce qu’il gênait l’énième badigeonnage de la clôture de cette résidence.

 

Une jeune fille, Ghania, s’est portée volontaire pour servir de guide aux touristes qui visitent le Bordj. Elle s’est occupée personnellement et à ses frais de travaux de restauration avec des cousins. Elle s’est déplacée à Rome, à l’occasion de la béatification du père Foucauld, où elle a fait une conférence sur l’histoire de ce fort devant les sommités du Vatican. Et pourtant, elle ne touche que 25 €/mois payés par le « filet social » de la mairie. En dehors des heures d’ouverture, il n’y a même pas de gardien pour surveiller les précieux objets et documents de ce musée.

 

Tamanrasset, la plus « grande richesse touristique » de l’Algérie souffre de sa pauvreté économique. Un seul hôtel 3*, le Tahat vieux de trente ans, deux ou trois dortoirs miteux, quelques campings sans confort. Aucun restaurant digne de ce nom, quelques gargotes à l’hygiène déplorable et aux breuvages douteux. Seulement trois stations-service où on fait des chaînes interminables, pendant que le carburant est servi aux contrebandiers.

 

La capitale du Hoggar et ses environs sont devenus un dépotoir à ciel ouvert d’ordures ménagères. La beauté sauvage de ce paysage époustouflant est défigurée par les sachets plastiques qui s’envolent et s’accrochent aux arbres, les détritus plastifiés et les boîtes de conserve roulant sous le vent de sable.

 

Et quel contraste entre les nombreux 4x4 flambants neufs des fonctionnaires, alors que les agences de voyages peinent à transporter les touristes dans leurs vieux 4x4 rafistolés et brinquebalants, sans confort ni climatiseurs ni GPS.

 

Les rares activités culturelles ont disparu comme le Tafsit du printemps ou la ziyara de Daghmouli. Le fameux Assihar, Foire d’échanges commerciaux avec les pays du Sahel, s’est transformé en friperie locale. Il doit rester une ou deux joueuses d’Imzad (violon touareg) et trois ou quatre chanteuses de Tindé (chants touaregs avec tambourin). Quant aux artisans ancestraux de Tahagart et Sorro, ils se sont transformés en tôliers et mécaniciens. La culture et l’artisanat touaregs agonisent dans l’indifférence générale.

 

Seul le Bienheureux Charles de Foucauld veille sur le Hoggar en attendant des jours meilleurs. Il vient juste de réaliser un dernier miracle en chassant les Américains qui réalisaient une base militaire sur l’aéroport. Le chantier a été abandonné et l’entreprise chargée de le réaliser dissoute. Tamanrasset est destinée au silence et à la paix des âmes, pas aux bruits de bottes ni à la guerre.

 

Saâd Lounès

Par noh ag med issa - Publié dans : Les Touaregs
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Dimanche 6 janvier 2008

Suite aux menaces terroristes en Mauritanie, les organisateurs ont dû annuler la 30e édition du rallye-raid. Une première.

Depuis sa création en 1978, le rallye-raid Dakar avait connu bien des drames et affronté bien des tempêtes. A chaque fois, concurrents ou organisateurs avaient fait front et poursuivi l’aventure. Mais jamais l’épreuve créée par Thierry Sabine n’avait été annulée. Depuis hier, le Dakar peut ajouter ce triste chapitre - qui risque d’être le dernier - à la longue liste de ses déboires. Jeudi déjà, une mise en garde du ministère français des Affaires étrangères, sur des menaces terroristes pouvant prendre l’épreuve pour cible en Mauritanie, avait fait naître la possibilité d’une annulation pure et simple de la course à moins de 48 heures du départ. Vendredi, peu après midi, la société Amaury sport organisation (ASO), qui organise le Dakar, par la voix du directeur de course Etienne Lavigne, a confirmé sa décision de ne pas faire partir la trentième édition de sa course pour d’évidentes raisons de sécurité, en réaffirmant dans un communiqué que «le choix de la sécurité n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais sujet à compromis au sein du rallye Dakar». Une prudence justifiée en fait par un message d’Al-Qaeda, désignant clairement le Dakar et les Français de passage en Mauritanie comme des cibles.

«Coup dur». En fait, depuis le 24 décembre et l’assassinat de quatre touristes français en Mauritanie, lors d’une attaque attribuée à une branche d’Al-Qaeda au Maghreb, suivie deux jours plus tard par la mort de deux soldats mauritaniens, le sort du 30e Paris-Dakar était scellé. ASO ne pouvait prendre le risque de faire passer dans le désert de Mauritanie une caravane de 2 500 personnes malgré les efforts du gouvernement mauritanien qui affirmait pouvoir assurer la sécurité des concurrents en déployant plus de 4 000 soldats, policiers et agents privés sur les huit étapes prévues sur son territoire, soit plus de la moitié du parcours. Impossible de supprimer cette partie du tracé. Sans ce passage dans les dunes mauritaniennes, le Dakar 2008 n’avait plus aucun sens sportif.

Cette annulation est non seulement une mauvaise affaire pour l’organisateur ASO et pour le quotidien sportif l’Equipe, également propriété du groupe Amaury, mais aussi pour le partenaire de l’épreuve, France Télévisions, dont le directeur des sports, Daniel Bilalian, a reconnu : «C’est un coup dur, et c’est un manque à gagner.»

Les amateurs de rallye-raid qui s’aventuraient sur le continent africain vont sans doute devoir trouver de nouveaux terrains de jeux, tant il devient délicat de définir un parcours en fonction des bouleversements et évolutions géopolitiques dans cette région du monde. Les terres d’accueil et de passages des rallyes-raids se font de plus en plus rares. Ainsi, il n’est plus possible de traverser l’immense et magnifique Sahara algérien, pas plus qu’il n’est désormais envisageable de passer au Niger, au nord du Mali, au Tchad et, donc, en Mauritanie. Autant dire que l’annulation de cette trentième édition du Dakar pourrait bien signifier la mort des rallyes-raids sur le continent africain, comme n’a pas hésité à le prévoir Bruno Saby, un ancien vainqueur de l’épreuve.

Depuis le départ de la première édition, le 26 janvier 1978, des jardins du Trocadéro à Paris, le Dakar a souvent été secoué par la tourmente et essuyé de vives critiques à chacun des 50 morts que la course africaine a laissé dans son sillage. Dont celle de son créateur, Thierry Sabine, tué dans un accident d’hélicoptère en 1986 en compagnie du chanteur Daniel Balavoine et de trois autres personnes, mais aussi celles de huit enfants renversés au passage de concurrents. Si, lors de ses douze premières éditions, la course avait été épargnée par les troubles politiques, la situation n’a cessé de se dégrader depuis 1991. Cette année-là, un pilote de camion avait trouvé la mort à la suite d’un tir par balle. L’infortuné concurrent fut ce jour-là une victime indirecte d’un conflit armé entre touaregs au Mali. L’année suivante, ce sont les rebelles tchadiens qui obligent les organisateurs à neutraliser une étape. En 1993, le Dakar «perd» un immense territoire en se voyant repoussé loin des frontières algériennes à cause des menaces islamistes. En 1996, au Maroc, un concurrent est tué par l’explosion d’une mine posée par les militaires pour lutter contre le front Polisario. En 1997, le Niger, que l’on croyait à l’écart des tensions politiques, déplore pourtant d’inquiétants conflits entres des tribus touaregs. Là encore, la caravane du Dakar doit dévier sa route.

Zones d’affrontements. Sans doute pour mieux marquer le passage au nouveau millénaire, en l’an 2000, l’épreuve africaine est le théâtre d’une spectaculaire opération aéroportée entre Niamey, au Niger, et le désert de Libye pour éviter, là encore, une zone où s’affrontent des tribus touaregs. En 2004, les remous politiques au Mali secouent à nouveau la caravane et provoquent l’annulation de deux étapes. L’année dernière, ce sont encore deux étapes maliennes qui furent annulées à la suite de menaces émanant du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, rebaptisé depuis Branche Al-Qaeda Maghreb, et qui fait reparler de lui depuis la veille de Noël.

Malgré les difficultés croissantes pour rallier la France et Dakar via les déserts africains, les organisateurs promettent de revenir en 2009, pour une 31e édition. A laquelle il est pourtant difficile de croire.

Par noh ag med issa - Publié dans : actualités dans le reste du Monde
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Jeudi 3 janvier 2008
A Niamey, au Niger, quatre journalistes sont en prison. Deux Nigériens: Moussa Kaka, directeur de la radio privée Saranouya FM et correspondant à Niamey de Radio France International (RFI), et Ibrahim Diallo, directeur du bimensuel Aïr Info. Ils sont emprisonnés depuis plus de trois mois. Deux Français, incarcérés depuis maintenant quinze jours: Pierre Creisson et Thomas Dandois, reporters de l’agence Camicas Productions, travaillant en l’occurrence pour Arte. Leur chauffeur, Al Hassane Abdourahmann est aussi emprisonné.


 

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De gauche à droite et de haut en bas : Moussa Kaka, Ibrahim Manzo Diallo, Pierre Creisson, Thomas Dandois.

Concernant les Français, « nous avons pu les contacter par téléphone et, apparemment, ils sont bien traités, a déclaré à L’ Humanité Marc Dandois, le frère de Thomas. Malheureusement, il semble que la procédure judiciaire soit enclenchée, l’instruction pouvant, à elle seule, prendre jusqu’à trente mois. »

Le Niger se trouve en guerre contre une rébellion touareg dans le nord du pays, région d’autant plus sensible qu’on y exploite la première richesse du pays, à savoir l’uranium - l’un des tout premiers approvisionnements du nucléaire français sous la conduite d’Areva.

Pour l’État nigérien, ces journalistes ont porté atteinte à la sûreté de l’État, rien de moins. Tel est leur chef d’inculpation. Ils risquent de lourdes peines d’emprisonnement et les Français encourent même la peine de mort pour avoir eu des contacts avec des « groupes armés et illégaux ».

Ces nouveaux cas de journalistes emprisonnés tombent dans la pire période : entre dinde et champagne, dans cette Afrique décidément si «  spéciale » avec son Darfour incompréhensible, plus encore brouillé par cette histoire des aventuriers de l’Arche de Zoé...

La mobilisation en faveur de ces quatre journalistes apparaît bien difficile ; il y manque quelques ingrédients... médiatiques. Un comble, mais c’est ainsi : le Niger et ses touaregs ne font pas vraiment recette. Une pincée d’Al-Qaïda les propulserait sur la scène du spectacle mondial (des traces du GSPC - Groupe salafiste pour la prédication et le combat, rebaptisé « Al-Quaïda au Maghreb » - semblent avoir aussi été relevées au nord du Niger, comme au Mali et, tout récemment, en Mauritanie). La relative indifférence actuelle à l’égard des revendications des Touaregs - elles ne datent pas d’aujourd’hui, ni ne se limitent au seul Niger, mais à toute la zone saharienne et sahélienne - pourrait conduire à leur radicalisation. Tout étant relatif, ce conflit contient les prémices de celui du Darfour, à savoir le refus d’un pouvoir central de partager les « mannes divines » : là-bas le pétrole, ici l’uranium. Ce processus guerrier prévaut en bien d’autres endroits du monde, de l’Irak au Congo et aux Grands Lacs, via l’Asie centrale, etc.

Les quatre journalistes emprisonnés se situent donc dans un contexte très défavorable, plus encore pour les Nigériens qui ne peuvent espérer, comme les Français, d’une possible protection diplomatique et d’opinion internationale.

En août 2004, Moussa Kaka avait déjà été emprisonné. Sa radio, Saraounya FM avait diffusé une interview d’un membre du Front de libération de l’Aïr et de l’Azaouk (FLAA), un groupe armé touareg ayant revendiqué une attaque contre trois bus (trois morts, onze blessés, deux gendarmes enlevés.)

Cette nouvelle affaire aggrave sa situation à l’égard d’un régime se voulant démocratique, mais dans certaines limites, notamment s’agissant de l’exercice du métier de journaliste. L’objectivité, soit, mais pas jusqu’à donner la parole aux adversaires... Les deux Français se trouvent pareillement confrontés à ce refus brutal d’un appareil étatique déstabilisé dans ses intérêts politiques et économiques.

Pour tous les quatre, la mobilisation internationale sera déterminante pour tenter d’atténuer la gravité de leur situation. En France et sur place, des initiatives de soutien ont été lancées, notamment par RSF, la Ligue des droits de l’homme ; un blog a été ouvert. On peut y prendre des nouvelles des deux journalistes et des mouvements de soutien. La Fédération internationale des journalistes s’est aussi mobilisée ainsi que des syndicats de journalistes.

2007 aura été une année des plus calamiteuses sur le plan du désordre mondial. Et pour les journalistes, par conséquent. 86 d’entre eux et 20 collaborateurs tués, 135 reporters emprisonnés dans le monde - selon les comptes de Reporters sans frontières. A monde instable, terrains minés. L’Afrique est de ceux-là, un continent jamais sans risques quand il s’agit de tenter d’y voir plus clair.

Note perso : J’ai connu Moussa Kaka en 1994 lors d’un stage de formation organisé par la Coopération française. Je l’ai revu plus récemment, en 2002 à Niamey, toujours aussi fougueux, ayant lancé sa radio Saraounya FM

Par noh ag med issa - Publié dans : REBELLION TOUAREG DU NIGER
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